Les retrouvailles

Publié le par Robert Pillegand

1995-08-06 Astaffort -1-[1]40 ans plus tard, ce fut André Gardeil, le gascon, admirateur de d’Artagnan, dont il avait la faconde, boute-en-train durant le stage qui eut l’idée de nous réunir à l’occasion de ses 70 ans. Il n’était resté en contact qu’avec 6 d’entre-nous, et nous nous retrouvèrent donc avec nos épouses à Astaffort, le pays du chanteur Francis Cabrel. C’était au mois d’août 1995. Curieux destin qui est le sien, après 4 ans de travail en bureau d’études d’entreprise, il préféra les gâteaux au béton armé. Il revint au pays au décès de son père, boulanger patissier. A ce propos, André me confia une belle anecdote arrivée à ses aïeuls. Un jour, un mendiant italien  leur demanda l’hospitalité qu’ils lui offrirent spontanément. Ils le recueillirent 2 jours. En récompense, le mendiant leur donna la recette d’un biscuit qu’ils exploitèrent par la suite.

Ils décidèrent avec son frère cadet de créer une biscuiterie industrielle. Pour cela, ils achetèrent un vaste terrain sur lequel ils construisirent des unités de production et également une vaste maison où se logea André. Son frère François, excellent en mécanique, mis au point des chaines de production ultra-modernes. André commercialisa leurs produits moitié dans les grandes chaines de distribution et moitié à l’exportation en particulier en Allemagne et en Angleterre. Ils employèrent près de 100 ouvriers. Bien entendu, ils firent de bonnes affaires. Avant notre première rencontre, ils avaient vendu leur affaire, profitant d’un marché favorable. Tous deux sont décédés prématurément ; François victime d’un accident d’ULM qu’il pilotait lui-même en 2001. André est décédé en août 2004 d’une défaillance cardiaque. Ses obsèques, auxquelles j’ai assisté avec nombreux autres camarades, eurent lieu le 4 août 2004. Ce fut un ami parfait.

A son invitation, nous étions 12 avec nos épouses à s’ajouter à sa très belle famille. Ses 6 enfants, ses 14 petits-enfants à ce moment-là, ses frères et sœurs, ses amis… cela fit une belle réunion. Nous étions au mois d’août et le premier jour se passa en palabres entre nous sur les pelouses ombragées de l’immense parc entourant la maison. Monique et André Gardeil firent bien les choses, nous restaurant chez eux le temps du séjour. Le deuxième jour, ils nous amenèrent visiter le Haras qu’ils avaient créé et dont s’occupait Monique. Nous avons ensuite été conviés à prendre l’apéritif sur les bords du Gers qui traverse la propriété et où cuisait l’agneau du méchouis.

Le repas du soir fut grandiose, il se passait dans le logement de François, qui était la maison familiale. Imaginez une terrasse de la longueur du bâtiment avec vue sur le Gers. Figurez-vous une tablée de 40m de long éclairée avec des chandeliers, la soirée terminée par un feu d’artifice. Ce fut une rencontre magique, tellement contents de nous retrouver que nous décidions de rechercher les manquants ; ce dont se chargea Max Gallard, le plus passionné en informatique. Il réussit très bien et nous étions pratiquement au complet chez André et Renée Tahon à la Turballe en 1996. André arrivé tout droit des corons du nord avait choisi la mer pour sa retraite et s’adonnait au plaisir de la navigation. Nous sommes restés 2 jours, certains logeant dans des logis de France à proximité. Nos amis nous ont restauré. Un repas était prévu au restaurant au bord de mer dont je garde un bon souvenir, l’ambiance était conviviale.

Aucun de nous ne proposa de prendre le relai l’année suivante. Si bien que nous ne nous sommes pas réunis en 1997. N’ayant pas la possibilité de recevoir chez moi, je pris l’initiative d’organiser une rencontre dans le Jura, où j’avais de la famille, si bien que je connaissais bien cette région en particulier « la Spatule », un petit hôtel restaurant très accueillant où nous allions de temps à autre avec ma femme.

1998-06-3 au 5 Lamoura -1-[1]1998-06-3 au 5 Lamoura -2-[1]La patronne contactée fut ravie de nous accueillir entre les saisons d’hiver et estivale fin mai début juin. Pour nous c’était parfait, tous donnèrent leur accord. Nous avons eu la chance d’avoir eu du beau temps durant les 3 jours de notre séjour. Nous avons beaucoup profité des paturages fleuris, des ballades dans les bois de sapins ou de hêtres qui sentaient bons la nature. Ce fut une réussite parfaite. A tel point qu’on me demanda d’organiser un second séjour, ce qui ne se fit pas.

La voie était tracée, chaque année, l’un de nous organisa un séjour dans sa région : des côtes atlantique au Nord Pas-de-Calais, au Lubéron en passant par les Pyrénées, le Périgord etc… Chose étonnante, nos épouses sympathisèrent spontanément et se créa entre elles une véritable osmose. Ma femme pourtant timide et réservée prit beaucoup de plaisir à ces réunions.

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