Les débuts malencontreux
En sortant de Dareau, j’ai été embauché à l’Omnium technique de l’habitation (OTH). C’était un bon bureau d’étude, le plus important de Paris. Il puisait chaque année dans l’effectif de l’école. Certains anciens s’y étaient fait de bonnes situations. J’étais confiant lorsqu’on m’installa dans un bureau dans le quartier Notre Dame. J’appris à cette époque que la société avait de multiples bureaux dans Paris. Par la suite, un grand immeuble rassembla tous les salariés.
Dans mon bureau vide passait de temps en autre un ingénieur et deux projeteurs qui finissaient un chantier en construction. Si bien que je n’avais rien à faire ou des bricoles sans importance. Je compris que j’avais été embauché en prévision d’affaires en venir. La situation des patrons d’alors leur permettaient cela. Voyant que je me posais des questions, on me muta dans un bureau au dessus du cinéma Rex sur les grands boulevards. La situation s’améliora un peu mais ce n’était pas non plus un travail continu. Malgré cela, en fin d’année j’eus droit à une augmentation de salaire comme les autres.
C’est à ce moment que je reçus une lettre de M Rey m’informant qu’il connaissait un entrepreneur en province qui cherchait quelqu’un pour le seconder. Bien entendu cela m’intéressa car la vie à Paris n’était pas vraiment idéale pour moi.
Faisant confiance à M Ray, je téléphonais à l’entrepreneur dont je ne citerai pas le nom et une date fut fixée pour mon embauche. Je découvris un homme sympathique qui inspirait confiance. Très vite je fus cependant mis en éveil. Par exemple, sur des chantiers en cours, on me demandait de chiffrer des murs de 25 centimètres de largeur comme s’ils en faisaient 30. Je me rendis compte aussi que je n’avais aucune expérience des travaux de chantier. C’est à ce moment-là que tombèrent une neige abondante et un froid glacial qui durèrent tout le mois de février, nous étions bloqués dans le bureau. Par ailleurs, je me rendis compte que mon employeur était un sacré coureur de jupons. En particuliers, il avait un chauffeur dont la femme était sa maîtresse. Il l’envoyait très tôt en déplacement et le remplaçait dans le lit. Je pouvais difficilement admettre cet état de fait. En réalité, c’était sa femme qui dirigeait l’entreprise. En particuliers, elle contrôlait toutes les communications téléphoniques.
Je décidais d’écrire à André Gardeil qui travaillait à l’entreprise Balancy et Shuhl à Paris pour lui demander si j’avais une chance de trouver du travail. Par retour de courrier, son directeur technique me répondit par une lettre d’embauche à telle date et à tel prix. La belle époque ! Je donnais ma démission le jour même et je partais de suite.
Je n’ai pas donné à M Ray toutes les raisons qui motivaient mon départ. Il l’apprit par la suite car il m’en parla. On ne peut pas dire que mes deux premières expériences de travail aient été concluantes.