Hommage à Maria, ma tante (2)

Publié le par Robert Pillegand

Dès lors ma tante se consacra entièrement à sa fille. Malgré son handicap, elle émettait des sons que sa mère savait interpréter si bien qu’elles avaient de véritables conversations.

Le patron de ma tante, M Delhomme, un homme très humain, lui proposa d’embaucher Marie. Le demi-salaire proposé était un appoint appréciable et surtout elles ne seraient plus séparées.

Le gros souci de ma tante : Comment assurer l’avenir de Marie après sa mort autrement qu’en la plaçant en maison de retraite tout en lui assurant une indépendance financière. Elle eu une idée qu’elle développa avec beaucoup d’énergie. Elle contacta l’ainée de ses nièces, la fille de sa sœur. Hélène était divorcée avec 3 enfants et ne savait où se loger à la retraite. Or ma tante possédait une maison rurale héritage de son mari avec un vieux logement qu’elle restaura en premier puis elle créa un studio dans les dépendances. Ma tante lui cédait le logement à condition qu’elle accepte de s’occuper de Marie tout en restant indépendante. Cet arrangement lui a permis de passer sereinement les dernières années de sa vie. Ces dispositions prises, la vie s’écoula sans heurt

Personnellement, pendant que j’ai pu le faire, je l’ai aidé pour ses problèmes matériels, rentrer son bois, tapisser une chambre. Expatrié à Paris, je m’arrangeais pour les voir au moins une fois par an Ainsi quand les américains marchèrent sur la lune, nous étions à St Claude. Dans les années 60, je les persuadais de venir passer les fêtes de fin d’année chez nous avec ma mère. Je garde le souvenir de leurs ébahissements en remontant les Champs-Elysées.

C’est vers la fin 1969 qu’elle ressentit des douleurs abdominales puis une certaine fatigue. Elle dut entrer à l’hôpital après qu’on eut décelé un cancer. Elle subit différents traitements avec des stages à l’hôpital et chez elle. Marie continua à travailler avec l’assistance de ses voisins. Elle décéda au printemps 1971 à 74 ans. Le fait de la longueur de la maladie prépara Marie à sa mort.

Pour Marie se fut un changement à 100%. Elle emménagea dans son studio, plus confortable que l’appartement de St-Claude. Hélène s’est aussi installée. Mais en donnant son accord à la tante, elle ne se rendait pas compte des contraintes qu’elle s’imposait. Elle ne fit pas l’effort de comprendre Marie, elles vécurent côte à côte sans rapports affectifs. Hélène profita pleinement de sa retraite effectuant de longs et nombreux voyages. Pendant ses absences, c’est Lucette, ma sœur qui s’occupait de Marie (elle habitait à 400 m). Marie arriva à converser avec Lucette comme elle le faisait avec sa mère. De plus elle était invitée à toutes les réunions familiales. Aujourd’hui encore mes nièces perpétuent ce geste. Très vite ce fut une grande contrainte pour ma sœur et mon beau-frère car elle devenait très envahissante.

Hélène partie chez sa fille, ma sœur fatiguée par le début d’une longue maladie, le moment vint de placer Marie dans une maison de retraite (l’hospice de Bian à Cousance). Elle s’adapta très bien dans une grande chambre au RDC dans la verdure, choyée par les femmes de service dont beaucoup la connaissait. Le destin est cruel car à la fin de l’année 2008, un incendie provoqué par un fumeur détruisit une partie de l’hospice. Elle devrait réintégrée sa chambre prochainement.

Aujourd’hui, c’est Nicole, la fille de Lucette, qui s’en occupe. Mon beau-frère lui rend visite régulièrement. Je suis révolté en pensant qu’un problème financier peut se poser pour la suite de son séjour.

Voilà l’histoire de cette tante qui a toujours su faire face à la cruelle adversité et qui toute sa vie est restée une femme au grand cœur.

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M
<br /> Bravo Robert c'est très intéressante.<br /> Je reviendrai lir la suite.<br /> Bonne journée<br /> <br /> <br />
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R
<br /> Merci Jean-*Jacques, à bientôt.<br /> Bise à Gisèle<br /> Robert<br /> <br /> <br />